L'économie bleue du Canada : Un moteur stratégique pour la croissance et le leadership climatique

Le Canada est une nation océanique. Avec le plus long littoral du monde et un accès aux océans Atlantique, Pacifique et Arctique, le pays possède l'une des bases de ressources océaniques les plus vastes et les plus diversifiées de la planète. L'activité économique liée aux océans et aux écosystèmes côtiers, également connue sous le nom d'« économie bleue », contribue déjà de manière significative à la prospérité nationale, mais le potentiel supplémentaire pour accélérer son développement est considérable. Bien menée, l'économie bleue représente une occasion générationnelle de créer des emplois, de faire progresser les innovations canadiennes, de renforcer les communautés côtières, de lutter contre les changements climatiques et de positionner le Canada comme un leader mondial des industries océaniques durables.
Aujourd'hui, l'économie océanique du Canada génère environ 50 milliards de dollars de PIB annuel et soutient plus de 440 000 emplois, ce qui représente environ 2 % de l'économie nationale. Cette activité englobe des secteurs établis tels que la pêche commerciale, l'aquaculture, la transformation des produits de la mer, le transport maritime, la construction navale, les ports et le tourisme côtier, ainsi que des secteurs émergents comme l'énergie renouvelable en mer, la biotechnologie marine et les services de données océaniques. La Supergrappe des océans du Canada et ses partenaires industriels ont exprimé l'ambition de faire croître l'économie océanique du Canada à 220 milliards de dollars d'ici 2035. Si elle se concrétise, cette croissance pourrait créer des milliers d'emplois qualifiés dans la construction navale, l'énergie extracôtière, la séquestration du carbone, l'économie circulaire, les infrastructures arctiques, les technologies propres, les produits de la mer durables, la recherche marine, et plus encore.
Il est crucial de noter que cette ambition s'aligne sur les impératifs climatiques et environnementaux du Canada. L'océan joue déjà un rôle central dans la régulation climatique, agissant comme un puits de carbone majeur et soutenant une biodiversité essentielle à la résilience des écosystèmes. L'expansion de l'économie bleue du Canada, si elle est menée de manière durable, peut accélérer l'atténuation et l'adaptation aux changements climatiques en développant des solutions fondées sur la nature, en faisant progresser les industries marines à faible émission de carbone et en réduisant les émissions dans les systèmes de transport et d'énergie.
L'opportunité de croissance de l'économie bleue se déploie parallèlement à un changement majeur dans la gouvernance mondiale des océans et le discours économique. L'entrée en vigueur du Traité sur la haute mer en janvier 2026 marque une étape historique, établissant le premier cadre juridiquement contraignant pour protéger la biodiversité dans les eaux internationales. Parallèlement, la durabilité des océans est passée au premier plan du dialogue économique mondial, avec des initiatives telles que le « Blue Davos » du Forum économique mondial lors de la réunion annuelle de cette année, qui positionnent la gestion de l'eau comme une infrastructure essentielle à la prospérité économique, aux systèmes alimentaires, à la stabilité mondiale et à la résilience climatique.
Il est à noter que les marchés des capitaux réagissent et que les investisseurs reconnaissent de plus en plus les risques systémiques associés à la dégradation des océans et la valeur émergente des industries océaniques régénératrices et durables. L'accès au capital est de plus en plus lié à la performance environnementale, à la transparence et à l'alignement sur les normes mondiales de durabilité, ce qui crée un élan pour les fonds de financement bleu.
Le défi principal pour le Canada est d'aligner l'ambition économique sur l'intégrité écologique. La compétitivité à long terme dans l'économie bleue ne peut être atteinte par la seule expansion; elle doit être fondée sur le maintien d'écosystèmes marins sains et résilients. Cela signifie moderniser les cadres réglementaires, améliorer les aires marines protégées, investir dans la science et les données océaniques, et permettre la participation des communautés autochtones et côtières en tant que partenaires dans la gérance et le développement économique.
Le Canada possède la géographie, l'expertise et les atouts naturels pour être à l'avant-garde de cette industrie mondiale. Grâce à un leadership politique réfléchi, à la collaboration des secteurs public et privé et à des investissements stratégiques, le Canada peut exploiter ses avantages océaniques pour soutenir les innovations canadiennes qui créent des emplois et renforcent la résilience climatique, tout en veillant à ce que ses océans demeurent sains et productifs pour les générations futures.


