Ce qu’un gouvernement péquiste change pour les entreprises

L’assermentation de Paul St-Pierre Plamondon et de son cabinet restreint marque davantage qu’un changement d’équipe. Pour les entreprises, l’arrivée du Parti québécois signifie un changement dans la manière dont l’État sélectionnera ses interventions, évaluera les projets et définira les retombées attendues pour le Québec. Le gouvernement entend intervenir de façon plus sélective, tout en demeurant fortement présent dans les secteurs qu’il juge stratégiques.
Cette approche se reflète dans la structure même du Conseil des ministres. Plusieurs leviers gouvernementaux ont été regroupés entre les mains de trois super ministres : Stéphane Paquet, qui pilote un vaste portefeuille économique comprenant notamment l’énergie, Nicolas Girard, responsable des transports et des affaires municipales, et Catherine Gentilcore, vice-première ministre responsable de l’immigration, de l’intégration et du dossier de la souveraineté. Avec 60 sièges sur 127, le PQ demeure minoritaire. Cette réalité devrait accentuer la pression pour livrer rapidement, concentrer l’action gouvernementale sur un nombre limité de priorités et démontrer des résultats visibles.
L’État comme catalyseur de performance économique
Le gouvernement entend revoir les programmes de subvention, réduire l’aide discrétionnaire aux entreprises et alléger progressivement leur fardeau fiscal. L’innovation, l’intelligence artificielle, le numérique et la modernisation de l’État devraient également jouer un rôle central dans l’amélioration de la productivité. À cet égard, le portefeuille de l’Intelligence artificielle et du Numérique confié à Anne Nguyen constitue un signal clair de la volonté gouvernementale de miser sur les nouvelles technologies afin d’accroître la performance économique et l’efficacité des services publics.
Pour les entreprises, le message est clair : l’accès à une subvention, un crédit, un prêt ou toute autre mesure incitative reposera davantage sur la démonstration de résultats mesurables. Les organisations devraient dès maintenant documenter les investissements réalisés, les emplois créés, les fournisseurs québécois mobilisés et les retombées régionales générées par leurs activités.
Des occasions dans les secteurs stratégiques
Cette approche plus sélective ne remet pas en cause l’importance des grands projets. Le premier ministre souhaite accélérer la réalisation des projets de transport collectif, accroître l’adoption des véhicules électriques et faire de l’efficacité énergétique un chantier national. Les investissements publics continueront donc de créer des occasions importantes dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des technologies.
Dans les ressources naturelles et les minéraux critiques, l’orientation demeure favorable au développement, mais les attentes seront plus élevées en matière de transformation au Québec, de bénéfices régionaux et de participation autochtone. Les promoteurs devront également composer avec des exigences accrues en matière d’acceptabilité sociale et de performance environnementale. Cela dit, la présence de Jean Pellerin à l’Environnement et de Nathalie Bisaillon aux Ressources naturelles, tous deux issus du milieu des affaires, pourrait favoriser une approche plus pragmatique, axée sur la réalisation de projets, les retombées économiques et la recherche de solutions aux enjeux réglementaires et de développement.
Langue, immigration et relations avec Ottawa
L’immigration et la protection du français figurent parmi les premières priorités du gouvernement. Pour les employeurs, une baisse de l’immigration pourrait accentuer certaines contraintes de recrutement. Les entreprises devront démontrer plus clairement leurs besoins de main-d’œuvre ainsi que leurs efforts en matière de formation, de francisation, d’automatisation et d’amélioration de la productivité.
Les entreprises devraient également suivre de près les orientations du gouvernement en matière de santé et d’éducation. Ces deux secteurs représentent une part importante des dépenses publiques et seront au cœur des efforts visant à améliorer la performance de l’État et à moderniser les services publics. Les initiatives contribuant à ces objectifs pourraient bénéficier d’une attention accrue de la part du gouvernement.


