Rétablissement des relations Canada-Chine : partenariat stratégique, véhicules électriques et nouvelle feuille de route commerciale

La visite actuelle du premier ministre Mark Carney à Beijing marque un tournant important dans les relations entre le Canada et la Chine. Il s'agit de la première visite officielle d'un premier ministre canadien depuis 2017, et a produit à la fois un déclaration conjointe de haut niveau entre le Premier ministre Carney et le président Xi Jinping et aussi un détail Feuille de route pour la coopération économique et commerciale Canada-Chine cela vise à donner une structure et un suivi institutionnel à cet engagement bilatéral renouvelé.
Pris ensemble, les annonces signalent un changement délibéré dans la relation qui a été défini récemment par l'escalade des tensions. Le gouvernement Carney cherche clairement à diversifier les relations commerciales du Canada avant la renégociation de l'ACEUM avec les États-Unis et le Mexique plus tard cette année.
Ce que les dirigeants ont convenu
Le nouveau partenariat stratégique repose sur quatre grands domaines : l'énergie et les technologies propres, l'agroalimentaire et le commerce, la coopération multilatérale et la sécurité publique et les liens interpersonnels. L'élément le plus important sur le plan commercial est la décision d'autoriser jusqu'à 49 000 véhicules électriques chinois sur le marché canadien au taux tarifaire de la nation la plus favorisée de 6,1 %. Ce volume reflète les niveaux d'importation avant friction en 2023-2024 et représente moins de 3 % du marché canadien. L'objectif du gouvernement n'est pas simplement l'accès des consommateurs ; il est de catalyser les investissements de coentreprises chinoises au Canada avec des « partenaires de confiance », d'accélérer la mise en place d'une chaîne d'approvisionnement nationale pour véhicules électriques et de créer des possibilités de fabrication pour les travailleurs canadiens.
Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, s'est immédiatement prononcé contre l'allocation d'importation de véhicules électriques, soulignant que « ce sera terrible non seulement pour la population de l'Ontario, mais surtout pour les constructeurs automobiles et la chaîne d'approvisionnement ».
La mesure relative aux véhicules électriques a permis une réduction tarifaire sur l'agroalimentaire. D'ici le 1er mars 2026, la Chine devrait réduire les droits de douane sur les semences de canola canadiennes à environ 15 %, contre environ 85 % aujourd'hui. La Chine étant un marché de 4 milliards de dollars pour le canola canadien, ce changement serait une grande victoire pour les producteurs et les transformateurs des Prairies. De plus, la Chine devrait supprimer les droits antidiscriminatoires sur la farine de canola, les homards, les crabes et les pois du 1er mars au moins jusqu'à la fin de 2026. Ottawa estime que, ensemble, ces mesures pourraient débloquer près de 3 milliards de dollars en commandes à l'exportation, et que d'autres progrès sont prévus dans des secteurs comme le bœuf et les aliments pour animaux de compagnie.
Le Canada a également accepté de prolonger l'allégement des droits de douane sur certains produits chinois d'acier et d'aluminium qui sont actuellement peu disponibles ou qui ne sont pas fabriqués au Canada. Plusieurs mesures de remise seront prolongées jusqu'à la fin de 2026, ce qui couvrira 66 lignes de remises spécifiques à des produits et 59 lignes tarifaires de remises spécifiques à des entreprises. Certaines remises seront également étendues pour couvrir d'autres produits dérivés de l'acier, de l'aluminium et de l'acier.
Au-delà du commerce, les dirigeants ont mis l'accent sur la coopération dans les domaines de l'énergie propre, des batteries, des minéraux critiques et de la compétitivité climatique, le premier ministre Carney rencontrant des dirigeants chinois de l'énergie et des technologies propres afin de cerner les possibilités d'investissement au Canada. Ils se sont également engagés à renforcer la collaboration dans les forums multilatéraux, y compris l'APEC et l'OMC, et à renforcer la coopération sur des questions telles que le trafic de stupéfiants, la cybercriminalité et le blanchiment d'argent.
Feuille de route pour la coopération économique et commerciale entre le Canada et la Chine : pourquoi c'est important
Si la déclaration des dirigeants donne le ton, la Feuille de route de coopération économique et commerciale Canada-Chine en fournit les mécanismes. Il sous-tend la réinitialisation parce qu'il institutionnalise l'engagement régulier et crée des canaux plus clairs pour résoudre les différends et faire progresser les occasions commerciales.
À la base, la Feuille de route revitalise la Commission mixte économique et commerciale (CJETC) en tant que forum central de gestion de la relation. Le JETC sera désormais dirigé par les ministres du Commerce, se réunira au moins une fois par an et fera appel à des experts d'autres ministères, au besoin. Bon nombre des différends bilatéraux des dernières années, en particulier dans le domaine agroalimentaire, ont souffert de voies institutionnelles incohérentes. Le gouvernement du Canada n'arrivait tout simplement pas à atteindre les bons auditoires. La Feuille de route engage également les deux parties à reprendre le Groupe de travail sur la propriété intellectuelle et, éventuellement, à relancer le Groupe de travail sur les recours commerciaux, ce qui pourrait aider à prévenir l'escalade des frictions commerciales futures.
La Feuille de route s'étend également au commerce vert et durable, y compris la coopération sur la construction moderne en bois ; le commerce électronique et la promotion du commerce numérique ; l'augmentation des vols directs et du tourisme ; et la création d'un nouveau groupe de travail financier chargé de discuter de la politique monétaire, de la stabilité financière, de la lutte contre le blanchiment d'argent et des flux de capitaux transfrontaliers. Enfin, il inscrit la relation bilatérale dans le cadre d'efforts multilatéraux plus larges de l'OMC et de l'APEC, le Canada soutenant la présidence chinoise de l'APEC en 2026 et saluant l'intérêt continu de la Chine pour l'adhésion au PTPGP.
Conséquences pour les entreprises canadiennes
Pour les entreprises canadiennes de l'énergie, des technologies propres et des minéraux critiques, la combinaison de la déclaration des dirigeants et de la Feuille de route suggère un environnement plus accueillant pour les investissements et les partenariats chinois structurés, en particulier lorsque les projets s'alignent sur les stratégies industrielles plus larges du Canada. Cela dit, le filtrage de sécurité nationale en vertu de la Loi sur Investissement Canada demeurera une considération centrale, surtout dans les secteurs sensibles.
Pour le secteur de l'automobile, la réouverture contrôlée aux VE chinois introduira une nouvelle dynamique concurrentielle, en particulier dans le segment à faible coût, que les consommateurs pourraient trouver attrayant. Cependant, le succès réel sera mesuré par le montant des investissements chinois dans la fabrication de véhicules électriques au Canada au cours des prochaines années.
Pour l'agroalimentaire, il s'agit de l'une des évolutions les plus importantes depuis des années. Une réduction durable des droits de douane sur le canola rétablirait un marché d'exportation essentiel, tandis que l'accent mis dans la Feuille de route sur la coopération technique et la gestion des différends devrait réduire le risque de perturbations commerciales soudaines et motivées par des considérations politiques.
Reste à voir comment les États-Unis réagissent à cette relation de réchauffement. Sussex surveillera de près les retombées potentielles et la façon dont le gouvernement du Canada continue de suivre la ligne fine entre réengager la Chine et attirer une attention négative supplémentaire de la Maison-Blanche.


