Élections Québec 2026 : le changement a lancé la course, mais le leadership économique pourrait maintenant décider de l’issue

Au début de l'année, le principal moteur politique au Québec était le désir de changement après huit années de gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). Aujourd'hui, le contexte a profondément évolué. La montée des tensions avec les États-Unis, la persistance de l'incertitude tarifaire et les préoccupations entourant la sécurité économique soulèvent désormais des questions plus larges sur le leadership politique et la capacité du prochain gouvernement à protéger les intérêts du Québec.
Les plus récents sondages suggèrent que la course demeure compétitive, mais que le paysage politique pourrait être en évolution. La dernière enquête Léger place le Parti québécois (PQ) à 30 %, tandis que la Coalition avenir Québec (CAQ) gagne du terrain et rejoint le Parti libéral du Québec (PLQ) à 23 %. Le Parti conservateur du Québec atteint 16 %, alors que Québec solidaire recule à 7 %. Malgré l'avance du PQ, Léger conclut que l'élection demeure ouverte alors que les électeurs commencent à arrêter leur choix à l'amorce officielle de la campagne.
Même si le PQ demeure favori, la carte électorale pourrait compter davantage que les résultats provinciaux. L'appui libéral reste largement concentré dans les circonscriptions anglophones et allophones du Grand Montréal, tandis que le vote péquiste est réparti plus efficacement dans les régions francophones et plusieurs banlieues. Cette répartition procure au PQ un avantage important dans la course aux sièges.
La CAQ amorce la campagne avec le poids de l'usure du pouvoir. Près de six Québécois sur dix se disent insatisfaits du bilan du gouvernement. Néanmoins, le contexte politique offre à la première ministre Christine Fréchette l'occasion de repositionner son parti. Les récentes annonces relatives au soutien des entreprises touchées par les tarifs américains, à l'énergie et aux investissements en défense lui permettent de mettre de l'avant l'expérience gouvernementale et la capacité d'agir dans un contexte économique difficile.
Le PQ demeure le principal bénéficiaire du désir de changement. Paul St‑Pierre Plamondon reste la personnalité politique la plus associée au renouveau et arrive également au premier rang lorsque les répondants sont invités à identifier le meilleur premier ministre. Toutefois, la campagne pourrait progressivement se transformer. La question n'est plus seulement de savoir si les Québécois souhaitent remplacer le gouvernement actuel, mais également quel chef possède les qualités nécessaires pour diriger le Québec dans une période marquée par l'incertitude économique et les tensions avec les États-Unis.
Le conflit avec les États-Unis ajoute une dimension nouvelle à cette élection. Il y a à peine dix-huit mois, les Québécois ont massivement appuyé Mark Carney parce qu'ils estimaient qu'il était le mieux placé pour tenir tête à Donald Trump et défendre les intérêts du Canada. À l'approche du scrutin provincial, une réflexion similaire pourrait émerger : quel chef est le mieux placé pour travailler efficacement avec Ottawa tout en protégeant les intérêts économiques, linguistiques et politiques du Québec?
La santé, le logement et le coût de la vie demeureront des enjeux importants. Toutefois, les électeurs pourraient de plus en plus les évaluer à travers le prisme du leadership et de la capacité à gouverner. Le changement a propulsé le PQ en tête. La question est maintenant de savoir quel chef les Québécois jugent le plus apte à protéger leurs intérêts dans une période d'incertitude économique et géopolitique.
Pour les entreprises et les investisseurs, l'enjeu du 5 octobre ne sera donc pas seulement de savoir qui remportera l'élection, mais aussi avec quel mandat et quelle capacité d'action le prochain gouvernement pourra gouverner.


