Élection du Québec 2026 : Le PQ aux portes d’un gouvernement majoritaire

À une semaine du scrutin, le Parti québécois demeure le parti le mieux positionné pour former le prochain gouvernement du Québec. Son avance auprès de l’électorat francophone continue de lui procurer un avantage important dans la bataille des comtés, même si l’ampleur de sa majorité potentielle demeure incertaine. À ce stade-ci, le scénario le plus probable demeure une victoire péquiste, avec la possibilité d’un gouvernement majoritaire ou minoritaire.
Le principal changement des derniers jours réside dans l’affaiblissement continu de l’appui pour la CAQ. Après huit années au pouvoir, le parti de Christine Fréchette semble incapable de reconstruire la coalition qui avait porté François Legault au gouvernement en 2018. Pendant ce temps, le Parti libéral du Québec progresse et consolide sa position comme principale option fédéraliste, tandis que le Parti conservateur du Québec continue de gagner du terrain auprès d’un électorat préoccupé par le coût de la vie, la fiscalité et la taille de l’État. Cette reconfiguration du vote de centre droit fragilise davantage la CAQ que le PQ.
Parallèlement, les enjeux liés à Donald Trump et aux tarifs américains, qui avaient dominé le début de la campagne, ont perdu de leur importance. L’attention des électeurs se concentre de nouveau sur les services publics, la gestion de l’État, le coût de la vie et l’économie. La campagne est redevenue essentiellement un référendum sur le bilan des huit années de gouvernement caquiste.
Pour les entreprises, la question n’est plus seulement de savoir si le PQ peut gagner, mais quelle orientation adopterait un gouvernement dirigé par Paul St-Pierre Plamondon. Bien que le chef péquiste ait cherché à mettre l’accent sur sa capacité à gouverner et à gérer l’État, la question nationale demeure au cœur du projet péquiste. Le parti s’engage notamment à créer un ministère de la Souveraineté chargé de préparer les conditions politiques, économiques et administratives permettant au Québec d’accroître son autonomie et, ultimement, d’accéder à l’indépendance.
Sur le plan économique, un gouvernement péquiste pourrait également marquer une rupture importante avec l’approche de la CAQ. Le PQ souhaite réduire progressivement l’impôt des sociétés tout en réalisant plusieurs milliards de dollars d’économies grâce à une réduction importante de l’aide discrétionnaire versée aux entreprises. Cette approche s’accompagnerait d’une plus grande attention aux retombées économiques locales, à la transformation des ressources au Québec et à l’intégration des entreprises québécoises dans les chaînes d’approvisionnement. Les secteurs fortement dépendants des programmes d’aide gouvernementale devraient donc suivre de près l’évolution de ces engagements.


